Un week-end à Athènes

Avec six équipes présentes en première division cette saison, Athènes est à égalité avec Londres en tant que capitale européenne du football. Retour sur un week-end de football dans la cité antique.

Samedi 16 février 2019. Athènes n’est pas sous son plus beau jour. Un ciel nuageux avec de la pluie et une température fraiche avec beaucoup de vent, fait qu’on est loin des idéaux espérés dans la capitale grecque.

Délaissé de son mythique stade Apóstolos Nikolaïdis –plus communément nommé Léoforos du nom du quartier- jugé vétuste et qui sera prochainement détruit en vue d’un nouveau stade, le Panathinaïkos cohabite cette saison avec l’AEK Athènes dans le gigantesque stade Olympique. Celui-ci sonna bien creux lors de la réception d’Asteras, avec à peine une poignée de 5 000 spectateurs dans une enceinte pouvant en accueillir plus de 69 000 et le boycott de la Gate 13 n’affichant plus leurs bâches, ni leur soutien vocal justement pour cette question de stade. On pouvait entendre les mouches voler. Même Syllogos Megalos, l’hymne du club n’était pas repris par l’ensemble du stade, lors de l’entrée des joueurs sur la pelouse. Dans cet atmosphère étrange, les locaux s’imposeront sur la plus petite des marges en restant à la sixième place, mais éloignés des places européennes, alors qu’Asteras douzième est proche de la zone de relégation.

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Du lendemain, le climat était beaucoup plus agréable, d’autant plus que les deux autres grands clubs d’Athènes que sont l’Olympiakos et l’AEK Athènes s’affrontaient à 19h30 au stade Karaïskaki du Pirée.

Arrivé à la station de métro Faliro juste devant le stade à deux heures du coup d’envoi, la ferveur est déjà présente. Le parvis est rempli de stands d’écharpes détenus par des vendeurs ambulants, de charriots à nourritures avec des préparateurs encore plus rapides que leurs ombres et de supporters de l’Olympiakos entassés dans les bars à proximité. Les espoirs de se procurer un sésame pour un stade à guichet fermé sont minces. Seuls les détenteurs d’une carte du club peuvent encore se procurer des places. Néanmoins, certaines personnes ayant des tickets en trop les vendaient aux abords de la billetterie.

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A quarante-cinq minutes du coup d’envoi, seule la Gate 7 est déjà en place et commence à animer le stade. Le coup d’envoi approchant, tous les sièges trouvent preneur uniquement de supporter de l’Olympiakos, car ceux de l’AEK n’avaient pas l’autorisation de se déplacer.

L’entrée des joueurs se fait sous un magnifique spectacle pyrotechnique de la Gate 13 par de nombreuses torches et feux d’artifices qui contraindra le coup d’envoi à être retardé de sept minutes, afin que la fumée puisse se dissiper.

Les visiteurs ouvrent le score dès la quatrième minute de jeu par l’ancien lillois Ezequiel Ponce suite à une erreur de José Sà dans un silence de cathédrale. Malgré le soutien infaillible des supporters locaux, l’Olympiakos est mené au score dès le retour aux vestiaires. Changement radical, en seconde période où cinq minutes après leur retour sur le terrain, Mohamed Camara également passé par l’AC Ajaccio égalise pour les pensionnaires du Pirée. L’AEK craque dans les vingt dernières minutes et encaissera trois buts pour une lourde défaite de 4-1.

L’Olympiakos deuxième, possède huit points d’avance sur son poursuivant et adversaire du jour et revient à six points du PAOK, premier du classement avec un match en moins qui se déplacera du lundi chez l’Apollon Smyrne évoluant dans la banlieue d’Athènes.

Hélas, le week-end comme partout se termine le dimanche soir.

Sous l’emprise de la main noire

Jeune écrivain et chroniqueur français, Romain Molina a édité récemment chez Hugo Doc,son cinquième ouvrage intitulé « La Mano Negra » s’intéressant à la face cachée du football mondial.

 

Sans renier ses origines andalouses en faisant référence à la Mano Negra – organisation anarchiste coupable de nombreux assassinats et coups de pression sur la population rurale à la fin du XIXème siècle -, Romain Molina donne le ton dès la couverture avec les empreintes digitales de cette main noire nous appelant au secours.

Les acteurs principaux de ce livre ne sont pas de brillants athlètes, jeunes et beaux garçons. Ils ne sont pas ces joueurs marquant ce but rendant euphorique ce supporter. Ils ne sont pas ces jeunes hommes tatoués portant des vêtements de luxe, accompagné d’une sublime jeune femme. Ils ne sont pas ces idoles faisant rêver ce jeune garçon qui possède des posters et des maillots à leurs effigies. Ils ne sont pas ces artistes figurant sur l’affiche du match programmée en prime-time par le diffuseur qui a le plus investi.

Ici, les protagonistes se nomment Kia, Juan, Pini, Boris, Jorge, Teni, Roman, Roy, Gustavo, Badri, Pairoj et Humberto. Une galerie de personnages pittoresques qui aurait droit à une place de premier choix dans le casting du dernier film de Martin Scorsese ou de Quentin Tarantino. Pour eux inutile de s’attirer les foudres des projecteurs, ce sont eux-mêmes qui les dirigent.

A vous, âmes sensible et timide désirant garder une présomption d’innocence sur le football professionnel et ses vertus, ne lisez pas ce livre. Il risquerait d’anéantir tout les fantasmes et espoirs que vous aviez encore sur lui.

A vous, âmes insensible et effrontée désirant connaitre la vérité sur le football professionnel et ses vices, lisez ce livre. Il vous fera découvrir les facettes cachées de ce monde si étroit qu’une fois entré à l’intérieur, il est difficile d’en sortir.

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« La Mano Negra » est disponible au prix de 17€ dans tout les points de vente

 

La panthère noire

Eusébio da Silva Ferreira nait le 25 janvier 1942 à Lourenço Marques, une colonie portugaise située sur le continent africain au Mozambique (1). Il est le quatrième enfant d’une grande famille issue d’un père portugais vivant en Angola et d’une mère originaire du Mozambique. Il vécu une enfance difficile marquée par la pauvreté et le décès de son père du tétanos, alors qu’il n’était âgé que de 8 ans.

Le jeune africain commença seulement à tâter le cuir à l’âge de 15 ans dans le club local, parrainé par le Sporting Portugal. Mais de par ses incroyables qualités, l’adolescent fut vite repéré par les recruteurs du SL Benfica qui chipèrent au nez et à la barbe de leur voisin, le jeune prodige pour un transfert estimé à 7 500£ en décembre 1960.

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Eusébio posant avec son équipe de Lourenço Marques. (Au premier rang à la quatrième place en partant de la gauche)

Il dut attendre six mois, avant de pouvoir évoluer avec l’équipe première suite à des problèmes administratifs, lors d’un huitième de finale de coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal. Au cours de la saison 1961-1962, le jeune Eusébio s’imposa très rapidement comme un titulaire indiscutable de par ses incroyables qualités technique et physique lui permettant d’être appelé par Armando Ferreira, le sélectionneur portugais le 19 octobre 1961 pour un match contre le Luxembourg. La déception de la troisième place en championnat du Benfica fut compensée par un deuxième sacre consécutif en coupe d’Europe des clubs champions face au Real Madrid (5-3) et une coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal (3-0) où Eusébio inscrivit un doublé dans chacune de ces finales.

Malgré la non-participation du Portugal à la coupe du Monde 1962, l’attaquant attisait les convoitises des autres équipes européennes et la Juventus se positionna avec une offre alléchante de trois millions de dollars. Mais dans un contexte politique où Salazar à la tête du pays optait pour une philosophie colonialiste, Eusébio servit bien malgré lui les intérêts du chef d’état qui se servait de son image en guise d’argument contre les anti-colonialistes. De ce fait, l’attaquant fut dans l’obligation d’effectuer son service militaire afin de ne pas être transféré en Italie.

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Eusébio soulevant son soulier d’or européen

Dès son retour, Eusébio continua sur sa lancée en décrochant de nombreux titres avec le Benfica et connut enfin la consécration personnelle en recevant son premier ballon d’or en 1965. Malgré une saison vierge en trophée, l’année 1966 vit le portugais être distingué en finissant meilleur buteur de la coupe du Monde avec neuf réalisations et permettre à sa sélection de terminer troisième pour sa toute première participation, ainsi que de se faire décerner la médaille d’argent de l’Ordre de l’Infant Dom Henri par le président de la République Portugaise Américo Tomás.

Après avoir remporté de nombreux titres sur le plan individuel et collectif, Eusébio mit fin à sa carrière internationale en 1973 en devenant le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (2) et fit également ses adieux à son club de toujours deux ans plu tard à l’âge de 33 ans rejoignant le continent américain (3).

Le portugais alternera les passages aux Etats-Unis, sous les couleurs des différentes équipes des Rhodes Island Oceaneers, des Boston Minutemen, du Toronto-Croatia (5), des Las Vegas Quicksilvers et des New Jersey Americans, en ayant migré entre temps au CF Monterrey dans le championnat mexicain et un retour surprenant au Portugal enfilant les maillots du SC Beira-Mar et de l’União de Tomar en seconde division. Après avoir ajouté deux derniers trophées à son palmarès en 1976 avec Toronto et Monterey, la panthère noire surgissait une dernière fois avec l’équipe de futsal des Buffalo Stallions, avant de poser définitivement sa pate en 1979.

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Eusébio posant en compagnie de Pelé et de l’international gallois Trevor Hockey, lorsque les trois joueurs évoluaient aux Etats-Unis

Après sa carrière, il fut l’ambassadeur mondial du SL Benfica et reçu de très nombreuses récompenses pour l’ensemble de sa carrière et de son parcours. Connaissant de nombreux soucis de santé, Eusébio succomba le 5 janvier 2014 d’un arrêt cardio-respiratoire. La patrie dira au-revoir à son icône nationale en lui décrétant trois jours de deuil national et en l’inhumant au Panthéon national.

(1) La ville se nomme désormais Maputo et elle est la capitale du Mozambique depuis son indépendance en 1975.

(2) Eusébio avait inscrit 41 buts en 63 sélections. Son record sera battu par Pauleta et Cristiano Ronaldo.

(3) Avec le Benfica Lisbonne, Eusébio remporta  11 titres de champions ; 5 coupes du Portugal et une coupe d’Europe des clubs champions, tandis que sur le plan personnel, il s’appropria 7 titres de meilleur buteurs du championnat, 2 souliers d’or européen, 2 titres de joueur portugais de l’année et fut élu 3 fois meilleur buteur de la coupe d’Europe des clubs champions. Au total, il disputa 440 matchs pour un total de 473 buts (soit une statistique de 1,075 but par match), faisant de lui le meilleur buteur de l’Histoire du club encore à ce jour.

(4) Les équipes canadiennes faisant partie du championnat des Etats-Unis.

Pour plus d’informations :
– Eusébio effectua 12 matchs et inscrira 9 buts avec la sélection militaire, lors de son régiment.
Dans sa vie privée, Eusébio était un fervent catholique et il épousera sa compagne Flora Claudina Burheim en 1965 avec laquelle il aura deux filles nommées Elisa en 1968 et Sandra Judite en 1969.

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Le premier club juif de Palestine Ottomane

Initialement nommé sous le nom d’Association Rishon Letzion – Jaffa, le Maccabi Tel-Aviv fut le tout premier club juif de Palestine Ottomane à voir le jour en 1906. Celui-ci opta pour son nom actuel, suite à la fondation de la ville en 1909.

Le football n’étant pas encore populaire dans cette partie du monde, la légende raconte que la pratique fut exportée par les russes de culture juive qui furent nombreux à rejoindre la Palestine à cette période. Le club inclut cette fonction en 1912 (ou 1913 selon certaines sources), mais au vu des difficultés pour se déplacer dans le pays et à organiser des matchs d’un sport encore méconnu, seul des matchs amicaux entre juifs et arabes avaient lieu. Hélas le football connu un coup d’arrêt, suite aux tensions internes entre les différentes communautés et l’instabilité commençant à régner au sein de l’empire ottoman avec la présence de l’empire britannique du fait des accords de Sykes-Picot (1), ainsi que l’engagement au sein de la première guerre mondiale.

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Effectif du Maccabi Tel-Aviv en 1913

L’empire Ottoman faisant parti du camp des vaincus, celui-ci fut morcelé suite au traité de Sèvres (2) et la Palestine allait appartenir au Royaume-Uni en 1920. Dès lors, les britanniques y imposèrent leurs règles au sein du pays, notamment en termes de football où celui-ci se développa de façon considérable avec la création de nombreuses équipes et de nombreuses compétitions. Ainsi la fédération palestinienne de football voyait le jour en 1928, coïncidant avec la mise en place de la coupe de Palestine et dont la deuxième et troisième édition furent remportée par le Maccabi Tel-Aviv. Le tout premier championnat de Palestine se joua en 1931, en compagnie de formations juives et britanniques, mais le club du attendre 1936 avant de remporter son premier championnat, qui ne fut disputé qu’avec six équipes et étalé sur plus d’une année en raison de la révolte arabe. La formation de Tel-Aviv remportait à nouveau le championnat en 1942 et en 1947 et quatre coupes nationales en 1933, 1941, 1946 et 1947 (premier doublé), malgré les perturbations à cause de la seconde guerre mondiale et des saisons n’allant pas au bout de leur terme, voire annulées.

1948 marquait la fin de l’emprise britannique en Palestine et la naissance de l’état d’Israël. A partir de là, le Maccabi Tel-Aviv allait devenir le grand club de ce nouvel état indépendant en ayant :

  • le plus gros palmarès national (17 titres de champion d’Israël, 17 coupes d’Israël et 6 coupes Toto [coupe de la Ligue israélienne]) ;
  • jamais connue la relégation -bien qu’il s’en est fallu de peu que celle-ci descende à l’issue de la saison 1975-1976, où les joueurs se sauvèrent lors de l’ultime journée-
  • remporté le premier triplé national (championnat, coupe d’Israël et coupe de la ligue), lors de la saison 2014-2015 sous la houlette d’Oscar Garcia.
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Remise de la coupe d’Israël en 1988

Sur le plan international, le club remporta par deux fois la prestigieuse ligue des champions asiatique en 1969 en s’imposant sur la plus petite des marges face aux sud-coréens du Yangzee FC et en 1971 en profitant du forfait de leur adversaire, les irakiens d’Al-Shorta qui boycottèrent la finale en protestation contre l’occupation israélienne en Palestine. Il fallu attendre de très longues années, avant de voir une formation israélienne disputer une compétition internationale. Les raisons furent que la ligue des champions asiatique fut interrompue de 1971 à 1985, suite aux nombreux conflits ayant eu lieu dans cette partie du monde et qu’en 1974 la fédération israélienne fut exclu de la confédération asiatique de football à cause des nombreux pays arabes refusant de jouer leur rencontre face aux équipes du pays. A partir de 1991, les équipes israéliennes furent affiliées à l’UEFA et pouvaient donc participer aux compétitions européennes. Ainsi, le Maccabi Tel-Aviv fut qualifié au tour préliminaire de la ligue des champions de l’UEFA de l’édition 1992-1993 et pu disputer sa toute première compétition européenne en 1994, lors de la coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en atteignant les seizièmes de finale. Lors de la saison 2004-2005 le club effectua sa toute première campagne de ligue des champions en compagnie des prestigieuses écuries de la Juventus de Turin, du Bayern Munich et de l’Ajax d’Amsterdam. Malgré une dernière place, l’équipe réalisa l’exploit de tenir en échec la Juve (1-1) et de battre les hollandais (2-1) (3). Il fallu attendre 2011 pour voir le club rejouer la phase finale d’une compétition européenne avec une participation en Ligue Europa. Par la suite le club jouera régulièrement les phases finales des compétitions européennes avec un seizième de finale de ligue Europa perdu face au FC Bâle lors de la saison 2013-2014, une phase de poule de ligue des champions en 2015-2016 et une phase de poule de ligue Europa en 2016-2017.

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Barukh Dego face à la Juventus de Turin

(1) Accords secrets négociés entre novembre 1915 et mars 1916 entre le britannique Sir Mark Sykes et le français François-Georges Picot, afin de se partager à eux deux le contrôle du Proche et du Moyen Orient.

(2) Traité signé le 10 août 1920 entre les alliés victorieux et l’empire Ottoman qui allait conduire au partage de ce dernier entre l’Italie, le Royaume-Uni et la France.

(3) L’Ajax avec 4 points, mais une différence de but de -4 se qualifia en coupe UEFA, à l’inverse du Maccabi Tel-Aviv qui avait le même nombre de points, mais une différence de but de -8.

Pour plus d’informations :
-La couleur jaune fut adoptée par le club en 1942 par l’initiative de l’attaquant Yosef Mirmovich, en soutien au peuple juif persécuté en Europe et ayant l’obligation de porter une étoile de David jaune.
-Le terme Maccabi souvent associé à de nombreuses associations sportives d’ascendances juives, est lié à la famille des Maccabées, dont le fils Judas avait combattu la politique d’hellénisation au IIème siècle av JC.
-Le numéro 12 est retiré en hommage à Meni Levi, attaquant du club victime d’un malaise lors d’un match face au Beitar Jérusalem le 26 janvier 2002. Bien qu’il ait survécu, celui est toujours plongé dans un état végétatif, mais reçoit toujours le soutien des joueurs et des supporters lui rendant régulièrement visite.
-Le numéro 8 est également retiré en remerciement à Avi Nimni, le meilleur buteur de l’histoire du club qui avait inscrit 174 buts, lors de ces trois passages au sein de l’effectif de 1990 à 1997, de 1998 à 2003 et de 2005 à 2008.
-Actuellement en travaux, le club joue ses matchs à domicile au Bloomfield Stadium depuis 1969. Stade partagé avec l’Hapoel Tel-Aviv et le Bnei Yehoudah Tel-Aviv.
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Effectif du Maccabi Tel-Aviv, lors de la remise de la coupe d’Israël en 2015 coïncidant avec le triplé historique

Les ultras de la principauté

Le samedi 16 janvier 1993 eut lieu lors de la 20ème journée de D1, une rencontre opposant le Nîmes Olympique à l’AS Monaco. Outre une rencontre déséquilibrée sur le papier entre l’avant-dernier et le premier, un champion du monde en titre et quatre futurs champions du monde (1) sur la feuille de match et une victoire du club de la principauté sur la plus petite des marges confortant sa place. Ce match fut le théâtre de tension au sein de la tribune visiteuse entre les ultras monégasques et les supporters traditionnels. Les Sconvolts fondés en 1986 et ayant prit de l’importance lors de cette saison 1992-1993 avec la réunion de tout les autres groupes, décida de mettre fin à ses activités suite à cet incident.

Après plusieurs mois d’errance, un groupe de jeunes adolescents décidèrent de relancer la machine et de fonder les « Ultras Monaco 1994 ». Les dirigeants du club et les autres supporters réticents à l’idée d’un nouveau groupe ultra, Il fallu toute la pugnacité des premiers fondateurs pour leur tenir tête et faire évoluer le groupe.

Malgré les moqueries dont est souvent la cible le public monégasque. Les UM94 assurent depuis leur création l’ambiance au sein de la tribune Pesage du stade Louis II que ce soit leur de l’apogée du club au début des années 2000 que lors du passage en Ligue 2 au début des années 2010. Leurs membres sont en grande partie de nationalité française et originaire de la Côte d’Azur, tandis que d’autres sont du Rocher ou italiens.

Bien que Louis II sonne souvent creux, de par la popularité de l’AS Monaco en France au même titre que l’Olympique de Marseille, de nombreux supporters expatriés ou originaire d’autres régions profitent des matchs à l’extérieur pour aller encourager les joueurs de la principauté.

(1) Jürgen Klinsmann, attaquant de l’AS Monaco et vainqueur de la coupe du Monde 1990 avec l’Allemagne. Laurent Blanc, défenseur du Nîmes Olympique ; Lilian Thuram, Emmanuel Petit et Youri Djorkaeff, joueurs de l’AS Monaco vainqueur de la coupe 1998 avec la France.

Pour plus d’informations :
-Depuis 2013, les UM94 entretiennent une belle amitié avec les Ultras1898 de l’Ascoli Calcio en Italie. L’origine de celle-ci provient des monégasques venus par curiosité en Italie, afin de rencontrer ce groupe récemment crée du fait que leurs prédécesseurs avaient cessés leurs activités à la suite des graves difficultés du club suite à des problèmes financiers et sportifs.
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Tifo des Sconvolts, précurseur des Ultras Monaco 1994

La première équipe de la capitale

La Società Podistica Lazio voit le jour le 9 janvier 1900 à Rome par l’intermédiaire de

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Luigi Bigiarelli

neuf athlètes de la ville avec à sa tête Luigi Bigiarelli, professionnel de la discipline et sous officier « bersaglieri » (1), pendant la bataille d’Adoua en mars 1896 mettant au conflit l’empire d’Ethiopie face à l’Italie.

La pratique du football fut officieusement instaurée en 1901 et officiellement en 1910 ou après avoir disputé des championnats locaux, l’équipe connaîtra la première division dès 1912. Hélas l’élan fut coupé à cause de la première guerre mondiale, avec de nombreux joueurs qui perdirent la vie sur le front et les survivants traumatisés qui mirent fin à leur carrière.

En 1927 planait la disparition de la Società Sportiva Lazio (renommé ainsi en 1925), lorsque fut décidé de la part d’Italo Celestino Foschi, homme politique proche de Benito Mussolini, l’annexion de toutes les équipes de la ville, afin de créer une équipe capable de rivaliser avec celles du nord. Il fallu toute la détermination de Giorgio Vaccaro, vice-président du club, général officiel de l’armée italienne et membre du PNF (Parti National Fasciste) pour que la Lazio ne soit pas absorbée par cette nouvelle équipe qui allait devenir l’AS Rome.

Le championnat italien fut par la suite de nouveau interrompu de 1943 à 1945, après la destitution de Mussolini et l’arrivée des alliés sur le territoire italien combattant l’armée du troisième Reich, du fait qu’Hitler refusa que l’Italie abandonne la guerre.

Jusqu’à 1974, année du premier titre de champion d’Italie du club et hormis sa première coupe d’Italie remportée en 1958 aux dépends de la Fiorentina (1-0), l’équipe alterna saisons moribondes et relégations. Ce succès fut assez surprenant puisque que cela n’était que la deuxième saison en première division depuis la remontée de la Lazio, mais pas illogique dans le sens que l’équipe avait terminée troisième lors de la saison précédente, sous les ordres de Tommaso Maestrelli.

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Joie entre l’entraîneur Tommaso Maestrelli et son capitaine Giuseppe Wilson, après le titre de 1974

Les années suivantes furent dévastatrices pour le club, l’entraineur du titre décéda des suites d’une longue maladie en 1976 et le milieu de terrain de la sélection Luciano Re Cecconi fut assassiné l’année suivante par un de ses amis, suite à une plaisanterie ayant mal tournée. Tandis que sur le plan sportif et juridique, le club fut relégué administrativement en 1980 suite au scandale du Totonero impliquant des matchs truqués, suite à des paris sportifs.

Alternant de nouveau les montées et les descentes, le club se stabilisa en Serie A à partir de 1988 pour ne plus jamais la quitter à ce jour. Les années 90 voyaient l’âge d’or du club de la capitale, grâce à l’arrivée de l’investisseur romain Sergio Cragnotti en 1992 qui allait investir sur des joueurs prometteurs et talentueux à l’image de l’anglais Paul Gascoigne. Dès lors, l’équipe trusta régulièrement le haut de tableau jouant régulièrement la coupe d’Europe avec en point d’orgue, un titre de coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1999 suite à son succès l’année précédente face au Milan AC (1-0 ; 1-3), contre les espagnols du RCD Majorque sur le score de 2-1 avec des buts signés Christian Vieri et Pavel Nedved.

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Joueurs exultant après leur victoire en coupe d’Europe des vainqueurs de coupe

Pour le centenaire de la Lazio au début du second millénaire, les joueurs effectuèrent le premier doublé coupe d’Italie-championnat de l’Histoire du club avec également un titre de supercoupe de l’UEFA face à Manchester United (1-0) et un parcours jusqu’en quart de finale de la ligue des champions.

Le club failli déposer le bilan quelques années plus tard et fut obligé de vendre ses meilleurs joueurs. Heureusement avec l’arrivée de Claudio Lolito en 2004 et le dévouement de ses tifosis, le club se remettra sur pied avec une quatrième coupe d’Italie à son palmarès. Hélas en 2006, le club fut au cœur d’une nouvelle affaire de matchs truqués avec le scandale du calciopoli, contraignant le club qui avait terminé la saison à la sixième place à trente points de pénalité descendant ainsi à la seizième place et un forfait de la prochaine édition européenne.

A ce jour, l’équipe évolue majoritairement dans la partie haute du classement jouant à de nombreuses reprises la ligue Europa et a remis deux nouvelles coupes d’Italie dans son armoire à trophée, acquises en 2009 et en 2013.

(1) Les bersagliers sont un corps de l’armée de terre italienne.

Pour plus d’informations :
Giacomo Bigiarelli, Odoacre Aloisi, Arturo Balestrieri, Alceste Grifoni, Giulio Lefevre, Galilée Massé, Alberto Mesones et Enrico Venier sont les autres fondateurs du club.
Les couleurs bleues et blanches du club sont directement inspirés du drapeau grec, du fait que les jeux olympiques de 1896 ont eu lieu dans ce pays.
L’aigle est le symbole de la ville de Rome. Celui-ci disparu de l’emblème en 1921 avec la montée du fascisme et remplacé par le faisceau de licteur, symbole du parti. L’aigle se reposa à nouveau sur l’écusson le jour de la destitution de Benito Mussolini.
Lazio se traduit par Latium, soit la région ou est située la ville de Rome.
Avec 401 matchs disputés toutes compétitions confondues entre 1992 et 2004, Giuseppe Favalli est le joueur ayant porté le plus souvent la tunique bleue et blanche. Tandis qu’avec 149 buts inscrits entre 1934 et 1943, Silvio Piola est le meilleur buteur de l’Histoire du club.
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Emblème du club pendant la période fasciste

La première étape avant le ballon d’or

filip-sunjicLe 20 décembre 2003, le supporter et ultra du Zrinjski Mostar Filip Sunjic surnommé « Pipa » décédait de façon tragique suite à des affrontements lors d’une soirée en ville. Touché par ce drame, les KN Ultras décidèrent dès 2004 de renommer le trophée annuel récompensant le meilleur joueur de la saison « Trofej ‘’ Filip Sunjic – Pipa ‘’ ».

Initialement nommé sous le nom de Zrinjevac, celui-ci est attribué à chaque fin de saison depuis l’an 2000 par les Ultras et les autres supporters pour le meilleur joueur de par ses capacités sportives et son respect envers le club.

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Trophée décerné à Slobodan Jakovljević en 2017.

Le tout premier détenteur de ce trophée renommé à la gloire du défunt supporter, n’est autre qu’un jeune milieu de terrain croate du nom de Luka Modric.

Arrivé en prêt du Dinamo Zagreb en début de saison 2003-2004, le jeune milieu de terrain de 17 ans effectua pour sa toute première saison en tant que footballeur professionnel dans le championnat de première division de Bosnie-Herzégovine. Malgré un talent précoce et une saison convenable avec 22 matchs joués et 8 buts, l’équipe termina à une piteuse onzième place (sur seize équipes).

Luka Modric sera de nouveau prêté la saison suivante, au sein de l’Inter Zaprezic en première division croate et de revenir lors de la saison 2005-2006 au sein de son club formateur. Révélation de l’Euro 2008 avec sa sélection, Tottenham Hotspur enrôla le talentueux milieu de terrain qui quatre ans plus tard franchisait un nouveau cap en rejoignant le Real Madrid.

En 2018, après avoir mené le Real Madrid sur le ciel européen, la Croatie à la finale de la coupe du Monde et remporté le titre de meilleur joueur de la compétition. Luka Modric fut le premier footballeur croate à soulever le ballon d’or, au même titre que quatorze ans plus tôt il fut le premier joueur croate à soulever le trophée renommé Filip-Sunjic-Pipa.