Jour : 13 décembre 2018

Le soccer dans le cœur des américains

Le 13 décembre 1993, la Major League Soccer (MLS) voyait le jour dans un pays orphelin d’un championnat professionnel depuis la disparition de la North American Soccer League (NASL) ayant existé de 1968 à 1985 et vu passé des légendes du football en fin de carrière tel que Pelé, Franz Beckenbauer, Johan Cruyff, George Best ou Eusébio. Afin d’accueillir la coupe du Monde de 1994, les Etats-Unis d’Amérique se voyait dans l’obligation de réinstaurer une compétition professionnelle en lieu et place des championnats semi-professionnel non reconnus par la FIFA, dont la première édition se joua en 1996.

1edf001f-a71a-46df-ba67-1cb40fbd4f0f-atlanta-trophy2
Atlanta United champion des Etats-Unis 2018 pour sa deuxième saison en MLS.

La MLS possède des normes bien différentes que ce qui est connu en Europe, puisque les équipes sont des franchises qui appartiennent à des propriétaires injectant une somme d’argent pour évoluer dans une ligue fermée,- dès lors le système de promotion et de relégation n’existe pas.

Le format de compétition actuel est le suivant :

– vingt-trois franchises (vingt américaines et trois canadiennes) participent à la MLS divisées en deux conférences, selon leur localité géographique. Onze équipes dans la conférence est et douze équipes dans la conférence ouest ;

– chaque équipe joue trente-quatre matchs lors de la saison régulière -se jouant sur une année civile de mars à octobre- avec des conditions particulières selon les équipes. Pendant l’exercice écoulé, le champion Atlanta United a joué deux fois (à domicile et à l’extérieur) face à huit équipes de sa conférence ; trois fois contre un adversaire de sa conférence (deux fois à domicile, une fois à l’extérieur) ; trois fois contre un autre adversaire de sa conférence (une fois à domicile, deux fois à l’extérieur) ; une fois à domicile face à six équipes de la conférence opposée et une fois à l’extérieur face aux six autres équipes de la conférence ouest.

– à la fin de la saison régulière, les six meilleures équipes de chaque conférence se qualifient pour les éliminatoires du championnat. Le premier tour se joue en match unique avec le troisième du classement recevant le sixième de sa conférence et le quatrième, le cinquième. Le deuxième tour voit l’entrée en lice du duo de tête de conférence, le champion affronte en match aller-retour l’équipe au moins bon classement durant la saison régulière et le second l’autre qualifié. Le troisième tour (plus communément appelé finale de conférence) s’effectue également en match aller-retour (1). Les deux vainqueurs de ce match se rencontreront pour la finale de MLS sur le terrain de l’équipe la mieux classée à l’issue de la saison régulière et le gagnant sera désigné champion des Etats-Unis.

Pour ce qui est des places qualificatives à la ligue des champions de la CONCACAF, quatre tickets sont délivrés :

-au vainqueur de la coupe MLS ;

-au vainqueur de la coupe des Etats-Unis ;

-au vainqueur du MLS Supporters’ Shield (trophée récompensant l’équipe ayant eu le plus de point sur l’ensemble de la saison régulière sur les deux conférences) ;

-à l’équipe championne de la conférence est ou ouest n’ayant pas remportée le MLS Supporters’ Shield.

Ce ticket n’est valable que pour les équipes des Etats-Unis. Si une franchise canadienne venait à remporter la coupe MLS, le MLS Supporters’ Shield ou le titre d’une conférence, le ticket serait attribué au finaliste de la coupe MLS, ou à la deuxième équipe en terme de point sur l’ensemble de la saison régulière. Pour participer à la ligue des champions, les équipes canadiennes doivent remporter la coupe des voyageurs correspondant à la coupe du Canada.

Dans l’autre cas, si une équipe des Etats-Unis venait à être sacrée championne et à remporter une autre distinction lui offrant une place pour la ligue des champions. Celle-ci serait offerte à l’équipe non-qualifiée ayant cumulé le plus de points sur l’ensemble des deux dernières saisons.

009
L’international anglais David Beckham sous le maillot de Los Angeles Galaxy.

La MLS dispose également d’une différente gestion de ses effectifs et de son marché des transferts, du fait que le pays n’est pas concerné par l’arrêt Bosman (2).

Les joueurs n’appartiennent pas à une franchise, mais à la ligue (3) et lors du mercato, chaque participant à la particularité d’avoir un budget identique et un plafond salarial à ne pas dépasser (4), évitant ainsi les surenchères et les conflits. Depuis 2007 et la mise en place de la règle du joueur désigné (ou règle Beckham), les franchises peuvent embaucher trois joueurs aux hautes exigences salariales. Dès lors le propriétaire s’engage à payer personnellement la différence et à baisser le salaire des autres joueurs de l’effectif.

L’effectif d’une franchise ne peut dépasser trente joueurs et seul huit joueurs de nationalités étrangères peuvent être intégrés à l’effectif (ce nombre peut être négocié), les autres joueurs sont ceux ayant la nationalité américaine, les expatriés ayant la carte verte ou les réfugiés légaux, ainsi que des jeunes formés par des académies américaines ou canadiennes. Cependant, les franchises canadiennes doivent avoir au moins trois joueurs de nationalité canadienne.

Parmi les trente joueurs, seul dix-huit avec deux joueurs en option sont intégrés à l’équipe première. Les joueurs occupant les places de 21 à 24 font partie de la liste supplémentaire et intégreront l’effectif professionnel en cas de légère blessure d’un joueur en fin de saison, de blessures graves ou de prêt, tandis que les joueurs rangés de 25 à 30 font parti de la liste de réserve. Tous ces joueurs externes à l’équipe première doivent être âgés de moins de 24 ans et font généralement partie de la génération Adidas ou des Homegrown Players (5).

Le football ayant été pendant de nombreuses années peu valorisé dans un pays ou le basket-ball, le baseball et le football américain étaient les sports principaux, celui-ci commence petit à petit à devenir populaire de l’autre côté de l’Atlantique. Les stades sont de plus en plus garni, la culture Ultras s’installe progressivement et avec l’arrivée progressive depuis plusieurs saisons de joueurs internationaux dans la force de l’âge, à l’instar de Zlatan Ibrahimovic, Wayne Rooney, Sebastian Giovinco, Andrea Pirlo, Franck Lampard, Steven Gerrard, David Villa, Thierry Henry et Bastian Schweinsteiger entre autre. Le soccer est bel et bien rentré dans le cœur des américains.

(1) Comme dans la tradition la plus répandue, en cas de match nul sur l’ensemble des deux matchs le but à l’extérieur compte double. Mais dans l’éventualité d’une prolongation, si les deux scores sont identique (1-1 à l’aller et à l’extérieur), celui-ci s’efface et auquel cas le résultat serait de 2-2, la séance de tirs-aux-buts aura lieu.

(2) Du nom du footballeur belge, Jean-Marc Bosman. Dès son attestation en 1995, celui-ci a révolutionné le marché des transferts des équipes européennes avec une plus libre circulation des joueurs étrangers.

(3) Le défenseur belge Laurent Ciman fut transféré de l’Impact Montréal au Los Angeles FC, sans que l’intéressé n’ait pu donner son accord.

(4) Le salaire maximal à ne pas dépasser pour la saison 2018 était de 504 375$.

(5) Les premiers sont des joueurs issus des universités et susceptibles de jouer dans l’équipe première alors que les seconds sont des joueurs formés au club.

Pour plus d’informations :
– Il fallut attendre la saison 2000 pour que le championnat accepte le match nul. Auparavant en cas de score de parité, les deux équipes se partageaient sur une séance de tirs-aux-buts pour le moins atypique, comme vous allez pouvoir le constater !
– De 2000 à 2001, le championnat fut divisé en trois conférences avec une conférence centre et lors de cette dernière édition, celui-ci fut écourtée à cause des attentats du 11 septembre.