Jour : 25 janvier 2019

La panthère noire

Eusébio da Silva Ferreira nait le 25 janvier 1942 à Lourenço Marques, une colonie portugaise située sur le continent africain au Mozambique (1). Il est le quatrième enfant d’une grande famille issue d’un père portugais vivant en Angola et d’une mère originaire du Mozambique. Il vécu une enfance difficile marquée par la pauvreté et le décès de son père du tétanos, alors qu’il n’était âgé que de 8 ans.

Le jeune africain commença seulement à tâter le cuir à l’âge de 15 ans dans le club local, parrainé par le Sporting Portugal. Mais de par ses incroyables qualités, l’adolescent fut vite repéré par les recruteurs du SL Benfica qui chipèrent au nez et à la barbe de leur voisin, le jeune prodige pour un transfert estimé à 7 500£ en décembre 1960.

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Eusébio posant avec son équipe de Lourenço Marques. (Au premier rang à la quatrième place en partant de la gauche)

Il dut attendre six mois, avant de pouvoir évoluer avec l’équipe première suite à des problèmes administratifs, lors d’un huitième de finale de coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal. Au cours de la saison 1961-1962, le jeune Eusébio s’imposa très rapidement comme un titulaire indiscutable de par ses incroyables qualités technique et physique lui permettant d’être appelé par Armando Ferreira, le sélectionneur portugais le 19 octobre 1961 pour un match contre le Luxembourg. La déception de la troisième place en championnat du Benfica fut compensée par un deuxième sacre consécutif en coupe d’Europe des clubs champions face au Real Madrid (5-3) et une coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal (3-0) où Eusébio inscrivit un doublé dans chacune de ces finales.

Malgré la non-participation du Portugal à la coupe du Monde 1962, l’attaquant attisait les convoitises des autres équipes européennes et la Juventus se positionna avec une offre alléchante de trois millions de dollars. Mais dans un contexte politique où Salazar à la tête du pays optait pour une philosophie colonialiste, Eusébio servit bien malgré lui les intérêts du chef d’état qui se servait de son image en guise d’argument contre les anti-colonialistes. De ce fait, l’attaquant fut dans l’obligation d’effectuer son service militaire afin de ne pas être transféré en Italie.

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Eusébio soulevant son soulier d’or européen

Dès son retour, Eusébio continua sur sa lancée en décrochant de nombreux titres avec le Benfica et connut enfin la consécration personnelle en recevant son premier ballon d’or en 1965. Malgré une saison vierge en trophée, l’année 1966 vit le portugais être distingué en finissant meilleur buteur de la coupe du Monde avec neuf réalisations et permettre à sa sélection de terminer troisième pour sa toute première participation, ainsi que de se faire décerner la médaille d’argent de l’Ordre de l’Infant Dom Henri par le président de la République Portugaise Américo Tomás.

Après avoir remporté de nombreux titres sur le plan individuel et collectif, Eusébio mit fin à sa carrière internationale en 1973 en devenant le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (2) et fit également ses adieux à son club de toujours deux ans plu tard à l’âge de 33 ans rejoignant le continent américain (3).

Le portugais alternera les passages aux Etats-Unis, sous les couleurs des différentes équipes des Rhodes Island Oceaneers, des Boston Minutemen, du Toronto-Croatia (5), des Las Vegas Quicksilvers et des New Jersey Americans, en ayant migré entre temps au CF Monterrey dans le championnat mexicain et un retour surprenant au Portugal enfilant les maillots du SC Beira-Mar et de l’União de Tomar en seconde division. Après avoir ajouté deux derniers trophées à son palmarès en 1976 avec Toronto et Monterey, la panthère noire surgissait une dernière fois avec l’équipe de futsal des Buffalo Stallions, avant de poser définitivement sa pate en 1979.

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Eusébio posant en compagnie de Pelé et de l’international gallois Trevor Hockey, lorsque les trois joueurs évoluaient aux Etats-Unis

Après sa carrière, il fut l’ambassadeur mondial du SL Benfica et reçu de très nombreuses récompenses pour l’ensemble de sa carrière et de son parcours. Connaissant de nombreux soucis de santé, Eusébio succomba le 5 janvier 2014 d’un arrêt cardio-respiratoire. La patrie dira au-revoir à son icône nationale en lui décrétant trois jours de deuil national et en l’inhumant au Panthéon national.

(1) La ville se nomme désormais Maputo et elle est la capitale du Mozambique depuis son indépendance en 1975.

(2) Eusébio avait inscrit 41 buts en 63 sélections. Son record sera battu par Pauleta et Cristiano Ronaldo.

(3) Avec le Benfica Lisbonne, Eusébio remporta  11 titres de champions ; 5 coupes du Portugal et une coupe d’Europe des clubs champions, tandis que sur le plan personnel, il s’appropria 7 titres de meilleur buteurs du championnat, 2 souliers d’or européen, 2 titres de joueur portugais de l’année et fut élu 3 fois meilleur buteur de la coupe d’Europe des clubs champions. Au total, il disputa 440 matchs pour un total de 473 buts (soit une statistique de 1,075 but par match), faisant de lui le meilleur buteur de l’Histoire du club encore à ce jour.

(4) Les équipes canadiennes faisant partie du championnat des Etats-Unis.

Pour plus d’informations :
– Eusébio effectua 12 matchs et inscrira 9 buts avec la sélection militaire, lors de son régiment.
Dans sa vie privée, Eusébio était un fervent catholique et il épousera sa compagne Flora Claudina Burheim en 1965 avec laquelle il aura deux filles nommées Elisa en 1968 et Sandra Judite en 1969.

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