Catégorie : Personnalités

La panthère noire

Eusébio da Silva Ferreira nait le 25 janvier 1942 à Lourenço Marques, une colonie portugaise située sur le continent africain au Mozambique (1). Il est le quatrième enfant d’une grande famille issue d’un père portugais vivant en Angola et d’une mère originaire du Mozambique. Il vécu une enfance difficile marquée par la pauvreté et le décès de son père du tétanos, alors qu’il n’était âgé que de 8 ans.

Le jeune africain commença seulement à tâter le cuir à l’âge de 15 ans dans le club local, parrainé par le Sporting Portugal. Mais de par ses incroyables qualités, l’adolescent fut vite repéré par les recruteurs du SL Benfica qui chipèrent au nez et à la barbe de leur voisin, le jeune prodige pour un transfert estimé à 7 500£ en décembre 1960.

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Eusébio posant avec son équipe de Lourenço Marques. (Au premier rang à la quatrième place en partant de la gauche)

Il dut attendre six mois, avant de pouvoir évoluer avec l’équipe première suite à des problèmes administratifs, lors d’un huitième de finale de coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal. Au cours de la saison 1961-1962, le jeune Eusébio s’imposa très rapidement comme un titulaire indiscutable de par ses incroyables qualités technique et physique lui permettant d’être appelé par Armando Ferreira, le sélectionneur portugais le 19 octobre 1961 pour un match contre le Luxembourg. La déception de la troisième place en championnat du Benfica fut compensée par un deuxième sacre consécutif en coupe d’Europe des clubs champions face au Real Madrid (5-3) et une coupe du Portugal face au Vitoria Sétubal (3-0) où Eusébio inscrivit un doublé dans chacune de ces finales.

Malgré la non-participation du Portugal à la coupe du Monde 1962, l’attaquant attisait les convoitises des autres équipes européennes et la Juventus se positionna avec une offre alléchante de trois millions de dollars. Mais dans un contexte politique où Salazar à la tête du pays optait pour une philosophie colonialiste, Eusébio servit bien malgré lui les intérêts du chef d’état qui se servait de son image en guise d’argument contre les anti-colonialistes. De ce fait, l’attaquant fut dans l’obligation d’effectuer son service militaire afin de ne pas être transféré en Italie.

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Eusébio soulevant son soulier d’or européen

Dès son retour, Eusébio continua sur sa lancée en décrochant de nombreux titres avec le Benfica et connut enfin la consécration personnelle en recevant son premier ballon d’or en 1965. Malgré une saison vierge en trophée, l’année 1966 vit le portugais être distingué en finissant meilleur buteur de la coupe du Monde avec neuf réalisations et permettre à sa sélection de terminer troisième pour sa toute première participation, ainsi que de se faire décerner la médaille d’argent de l’Ordre de l’Infant Dom Henri par le président de la République Portugaise Américo Tomás.

Après avoir remporté de nombreux titres sur le plan individuel et collectif, Eusébio mit fin à sa carrière internationale en 1973 en devenant le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (2) et fit également ses adieux à son club de toujours deux ans plu tard à l’âge de 33 ans rejoignant le continent américain (3).

Le portugais alternera les passages aux Etats-Unis, sous les couleurs des différentes équipes des Rhodes Island Oceaneers, des Boston Minutemen, du Toronto-Croatia (5), des Las Vegas Quicksilvers et des New Jersey Americans, en ayant migré entre temps au CF Monterrey dans le championnat mexicain et un retour surprenant au Portugal enfilant les maillots du SC Beira-Mar et de l’União de Tomar en seconde division. Après avoir ajouté deux derniers trophées à son palmarès en 1976 avec Toronto et Monterey, la panthère noire surgissait une dernière fois avec l’équipe de futsal des Buffalo Stallions, avant de poser définitivement sa pate en 1979.

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Eusébio posant en compagnie de Pelé et de l’international gallois Trevor Hockey, lorsque les trois joueurs évoluaient aux Etats-Unis

Après sa carrière, il fut l’ambassadeur mondial du SL Benfica et reçu de très nombreuses récompenses pour l’ensemble de sa carrière et de son parcours. Connaissant de nombreux soucis de santé, Eusébio succomba le 5 janvier 2014 d’un arrêt cardio-respiratoire. La patrie dira au-revoir à son icône nationale en lui décrétant trois jours de deuil national et en l’inhumant au Panthéon national.

(1) La ville se nomme désormais Maputo et elle est la capitale du Mozambique depuis son indépendance en 1975.

(2) Eusébio avait inscrit 41 buts en 63 sélections. Son record sera battu par Pauleta et Cristiano Ronaldo.

(3) Avec le Benfica Lisbonne, Eusébio remporta  11 titres de champions ; 5 coupes du Portugal et une coupe d’Europe des clubs champions, tandis que sur le plan personnel, il s’appropria 7 titres de meilleur buteurs du championnat, 2 souliers d’or européen, 2 titres de joueur portugais de l’année et fut élu 3 fois meilleur buteur de la coupe d’Europe des clubs champions. Au total, il disputa 440 matchs pour un total de 473 buts (soit une statistique de 1,075 but par match), faisant de lui le meilleur buteur de l’Histoire du club encore à ce jour.

(4) Les équipes canadiennes faisant partie du championnat des Etats-Unis.

Pour plus d’informations :
– Eusébio effectua 12 matchs et inscrira 9 buts avec la sélection militaire, lors de son régiment.
Dans sa vie privée, Eusébio était un fervent catholique et il épousera sa compagne Flora Claudina Burheim en 1965 avec laquelle il aura deux filles nommées Elisa en 1968 et Sandra Judite en 1969.

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Naissance de Kosta Hadzi

Le 8 novembre 1898 naissait Kosta Hadzi. Celui-ci fut un des fondateurs mythique du FK Vojvodina Novi Sad qu’il créa en compagnie de plusieurs amis alors qu’il n’avait que 16 ans. L’année 1914 coïncidant avec le début de la première guerre mondiale, le club ne disputa qu’un seul et unique match amical avant de disparaitre à cause du lien très fort avec la province de Voïvodine désireuse de quitter l’empire austro-hongrois pour rallier le Royaume de Serbie.

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Kosta Hadzi en compagnie des joueurs en 1930.

Dès lors, Kosta Hadzi s’eut consacré à ses études et obtint son diplôme de niveau secondaire en 1916 et s’engagea en tant que secrétaire au sein de l’armée serbe. En 1918, il devint député de la grande assemblée nationale décidant de l’attachement de plusieurs régions et provinces au sein du Royaume de Serbie (1).

Il eut quitté l’armée l’année suivante et partit en France étudier le droit, jusqu’en 1922 et son retour à Novi Sad. Il put se consacrer à nouveau pour son club revenu à la vie en 1919 et prendre le poste de directeur technique. Il cumula également d’autres fonctions en étant le premier entraineur de l’histoire de l’équipe en 1924, coïncidant avec la livraison du stade Karadjordje et la participation aux compétitions nationales. Il entraina pendant deux saisons l’équipe en remportant le tout premier trophée de l’histoire du club en remportant le championnat local de la paroisse du Nom-de-Marie de Novi Sad, lors de sa dernière saison. En 1927 en plus d’être officiellement avocat, il prit les rênes de la présidence du club. Le fait d’avoir cette fonction, lui permit d’intégrer le cortège de dirigeants de la fédération yougoslave se rendant en Uruguay en 1930 pour la toute première édition de la coupe du Monde de football. Il quitta son poste de directeur technique du club en 1933 pour se consacrer uniquement à la présidence du club qu’il quitta définitivement deux ans plus tard.

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Kosta Hadzi (à droite) en compagnie des dirigeants yougoslave sur le navire les emmenant à Montevideo.

Pour autant, l’avocat ne quittait pas le monde du football, puisqu’il fut secrétaire de la fédération yougoslave et joua un rôle primordial pour l’émancipation du football et la protection des intérêts des clubs de la région de Vojvodine face à ceux de Belgrade. Il se détacha complètement de ce milieu dès le début de la seconde guerre mondiale pour se consacrer à d’autres centres d’intérêts.

Très proche de sa région de Voïvodine à laquelle il eut tant contribuée et jamais quittée en dehors de ses études. Il put voir de son vivant le club qu’il a crée, remporter son tout premier championnat de Yougoslavie en 1966, finissant huit points devant le Dinamo Zagreb, avant de mourir en 1971 à l’âge de 73 ans.

(1) Qui allait devenir quelques mois après le Royaume des serbes, croates et slovènes.

Pour plus d’informations :
En compagnie de son ami et évêque orthodoxe serbe Irinej Ciric, ils aidèrent pendant la seconde guerre mondiale les détenus serbes emprisonnés dans les camps hongrois. Grâce à leur bravoure, 3 000 enfants et 800 adultes ont pu être secourus en étant pris en charge par des familles et des hôpitaux improvisés.
Il fut prisonnier peu de temps après la fin de la guerre par le régime communiste qui le considérait comme un dissident, de par sa lutte pour une autonomie de la région. Ayant une très grande notoriété au sein du peuple, il sera libéré par Ivan Ribar, le Président de l’Assemblée du régime communiste.
En dehors de sa carrière de dirigeant de football et d’avocat, Kosta Hadzi participa à l’épanouissement culturel de la Serbie en devenant président du conseil de surveillance de la Société pour le Théâtre national serbe et être membre du Patronat du Grand Gymnase orthodoxe serbe. Il eut également contribué au lancement du journal « Rad » parlant des sciences et des arts.
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Buste à la gloire de Kosta Hadzi aux abords du stade Karadjordje.