Catégorie : Supporters

Les ultras de la principauté

Le samedi 16 janvier 1993 eut lieu lors de la 20ème journée de D1, une rencontre opposant le Nîmes Olympique à l’AS Monaco. Outre une rencontre déséquilibrée sur le papier entre l’avant-dernier et le premier, un champion du monde en titre et quatre futurs champions du monde (1) sur la feuille de match et une victoire du club de la principauté sur la plus petite des marges confortant sa place. Ce match fut le théâtre de tension au sein de la tribune visiteuse entre les ultras monégasques et les supporters traditionnels. Les Sconvolts fondés en 1986 et ayant prit de l’importance lors de cette saison 1992-1993 avec la réunion de tout les autres groupes, décida de mettre fin à ses activités suite à cet incident.

Après plusieurs mois d’errance, un groupe de jeunes adolescents décidèrent de relancer la machine et de fonder les « Ultras Monaco 1994 ». Les dirigeants du club et les autres supporters réticents à l’idée d’un nouveau groupe ultra, Il fallu toute la pugnacité des premiers fondateurs pour leur tenir tête et faire évoluer le groupe.

Malgré les moqueries dont est souvent la cible le public monégasque. Les UM94 assurent depuis leur création l’ambiance au sein de la tribune Pesage du stade Louis II que ce soit leur de l’apogée du club au début des années 2000 que lors du passage en Ligue 2 au début des années 2010. Leurs membres sont en grande partie de nationalité française et originaire de la Côte d’Azur, tandis que d’autres sont du Rocher ou italiens.

Bien que Louis II sonne souvent creux, de par la popularité de l’AS Monaco en France au même titre que l’Olympique de Marseille, de nombreux supporters expatriés ou originaire d’autres régions profitent des matchs à l’extérieur pour aller encourager les joueurs de la principauté.

(1) Jürgen Klinsmann, attaquant de l’AS Monaco et vainqueur de la coupe du Monde 1990 avec l’Allemagne. Laurent Blanc, défenseur du Nîmes Olympique ; Lilian Thuram, Emmanuel Petit et Youri Djorkaeff, joueurs de l’AS Monaco vainqueur de la coupe 1998 avec la France.

Pour plus d’informations :
-Depuis 2013, les UM94 entretiennent une belle amitié avec les Ultras1898 de l’Ascoli Calcio en Italie. L’origine de celle-ci provient des monégasques venus par curiosité en Italie, afin de rencontrer ce groupe récemment crée du fait que leurs prédécesseurs avaient cessés leurs activités à la suite des graves difficultés du club suite à des problèmes financiers et sportifs.
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Tifo des Sconvolts, précurseur des Ultras Monaco 1994

La genèse d’un monde

Le 23 octobre 1932 au Stadio Nazionale PNF (Partito Nazionale Fascista), les 25 000 personnes présentes au derby romain entre la Lazio et l’AS Rome assistèrent à un événement qui allait révolutionner le monde des tribunes.

Un groupe de jeunes hommes bien habillés comme le voulait la tradition le jour dominical et répondant au nom de Paranza Aquilotti, furent regroupés derrière une banderole « Forza Lazio ». Ils se firent remarquer des autres tifosis par leurs chants et leurs agitations de drapeaux constantes, ce qui eut attisée la curiosité des photographes présents qui immortalisèrent ces instants.

En plus d’avoir été le précepte du mouvement ultra qui voyait le jour en 1968, ce jour restera à jamais celui de la toute première victoire de la Lazio sur le score de 2-1 dans le derby de la ville éternelle.

Pour plus d’informations :
-Le terme Paranza à plusieurs significations : la principale défini un bateau de pêche, tandis qu’une autre désigne une expression napolitaine issue des groupes de musique folklorique avec des personnes réunies en cercle autour d’un chef. Le mot « Aquilotti » est le pluriel du terme « Aquilotto » se traduisant par chef.
– Lors de ce match, un supporter de la Roma viendra chambrer le groupe demandant, s’il pouvait prendre ce drapeau bleu pour y nettoyer ses chaussures. Ce motif fut suffisant pour créer de légères tensions en tribune !
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Liste des membres de la Paranza Aquilotti.

Quand la Brigate Rossonere posa sa première bâche.

tumblr_map5iyo2JF1rrzswoo1_400Le 19 octobre 1975 vit le groupe de la Brigate Rossonere poser sa première bâche lors d’un match de Serie A à Bologne. Se traduisant littéralement par brigade rouge et noire, celle-ci est issue de la fusion des deux groupes de la Curva Sud : la « cava del demonio » et les « ultras ». Le leitmotiv du groupe était avant tout politique, puisqu’à la base celui-ci rendait hommage aux brigades rouges (1).

Positionnés sur la gauche de la Curva Sud en compagnie de la Fossa dei Leoni, ces derniers ainsi que les Commandos Tigre (2) firent de l’ombre à la BRN récemment fondée. Le groupe arrivera au fil du temps à sortir son épingle du jeu et à devenir respecté dans le milieu ultra, en étant un des groupes les mieux structurés de la péninsule au point de réussir à comptabiliser 7 500 membres à la fin des années 80, répartis dans plusieurs sections.

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Envahissement de terrain le 6 mai 1979, suite au match nul du Milan face à Bologne assurant le 10ème titre de champion.

La Brigate Rossonere est avant tout un groupe ultra, dont l’objectif principal est le soutien infaillible envers son équipe par de longs chants constants, des chorégraphies et des tifos. La violence est autorisée seulement en cas de forces majeures, tel que l’attaque par un autre groupe ou la tentative d’un vol de matériel. Hélas, une limite fut franchie en 1995, lorsqu’un membre d’un groupuscule de la BRN poignardât à mort Vincenzo Spagnolo, un ultra de Gènes. Cet homicide provoqua une vive vague d’émotion en Italie et il fallu l’intervention des pionniers du groupe pour éviter que celui-ci ne soit dissout.

Preuve que le groupe avait retenu la leçon, puisqu’en 2003 lors la finale de la ligue des champions à Manchester face à leurs homologues de la Juventus de Turin, les présidents des deux groupes avait passés un accord de non-violence.

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30 ans de la BRN, le 19 octobre 2005 lors d’un match de ligue des champions face au PSV Eindhoven.

Suite à l’autodissolution de la légendaire Fossa dei Leoni en 2005, la Brigate Rossonere allait devenir le groupe principal de la Curva Sud. Bien qu’à ce jour, la bâche est rarement affichée à domicile. Seul une banderole commune dénommée « Curva Sud Milano » est apposée tout au long de la tribune.

(1) Un mouvement d’ultra gauche ayant commis des attentats et des assassinats durant les années de plomb.

(2) D’abord positionnés dans la Curva Nord, les Commandos Tigre rejoignirent la Curva Sud en 1985.

Pour plus d’informations :
– Parmi les fondateurs du groupe y figurait Antonio Negri et Franco Berardi faisant partie de l’opéraïsme, un courant marxiste et ouvriériste. Cela se ressenti lorsque la chanson « Per i morti di Reggio Emilia » de Fausto Amodei en hommage à cinq militants communistes assassinés par la police, résonna régulièrement dans les travées de San Siro. Aujourd’hui, la philosophie a bien évolué puisque le groupe se dit apolitique et la plupart des membres actuels ont une mentalité de droite.
– L’écrivain Nanni Balestrini à écrit un roman dénommé « I furiosi » en 1994, narrant l’histoire de plusieurs supporters du Milan AC de la Brigate Rossonere, racontant leurs aventures lors des matchs à domicile, leur quotidien et leur déplacement.
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Gennaro Gattuso saluant la Brigate Rossonere, le 23 mai après la victoire en ligue des champions et la revanche face à Liverpool (2-1).

Création du F-Side

Le 3 octobre 1976 vit la création du F-Side de l’Ajax Amsterdam considérée comme une des premières sides européennes. L’idée provinrent de jeunes garçons ayant pour refuge la tribune F du stadion De Meer, inspirés par la culture britannique en pleine effervescence à cette époque.

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Le groupe se dit apolitique, mais joue avec la réputation juive de leur club en exhibant de nombreux symboles israélites, bien qu’il n’y ait aucuns juifs dans leurs rangs. Ainsi de nombreuses amitiés avec d’autres groupes se sont crées par cette réputation avec notamment la Judegang du KS Cracovie et les ultras du Maccabi Tel-Aviv. Néanmoins, la plus grande amitié est celle liant le F-Side au Brussel Casual Service d’Anderlecht, datant des années 1980.

 

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Logo du F-Side. Le 76 symbolise l’année de création et les 3 X, l’héraldique de la ville.

A ce jour, le F-Side se situe au premier anneau de l’Amsterdam Arena entre le bloc 125 et 129.

Pour plus d’informations :
-Le mouvement siders est surtout présent en Belgique et aux Pays-Bas. Celui-ci est un mélange entre le côté ultra pour l’ambiance au stade et hooliganisme pour les batailles rangées.
-Le F-Side étant également lié au hooliganisme connu un épisode bien sombre le 23 mars 1997 lors de la bataille de Beverwijk mettant en place une gigantesque bagarre organisée entre hooligans du Feyenoord et de l’Ajax ayant causé le décès de Carlo Picornie, un membre du F-Side.
-Le Vak410 (littéralement le bloc 410) est un groupe à connotation ultra fondé en 2001 qui anima le stade en compagnie du F-Side. Celui-ci s’est auto-dissout en 2016, suite à un différent avec les dirigeants du club.